C’est un changement majeur annoncé dans la relation entre Washington et Israël. Donald Trump a déclaré mardi 3 novembre que les États-Unis cesseraient, à la fin de l’année, de verser l’aide annuelle accordée à leur allié israélien.
Interrogé sur Fox News, le président américain a affirmé avoir conclu depuis plusieurs mois un accord avec Benjamin Netanyahu sur cette orientation. Selon lui, Israël dispose désormais d’une économie suffisamment solide pour financer davantage ses propres besoins militaires.
Trump a toutefois pris soin de distinguer la fin de l’aide régulière d’un désengagement américain. Washington pourrait continuer à vendre des armes à Israël et intervenir en cas de besoin, a-t-il indiqué.
Un accord qui devait initialement courir jusqu’en 2028
Le dispositif actuellement en vigueur repose sur un accord de sécurité entre les deux pays prévoyant environ 3,8 milliards de dollars d’aide militaire par an jusqu’en 2028.
L’annonce de Donald Trump accélère donc fortement le calendrier initial. À ce stade, aucun mécanisme précis n’a encore été présenté pour expliquer comment l’administration compte mettre fin aux versements dès 2027.
Le Congrès dispose par ailleurs d’un rôle important dans le financement de cette assistance. La traduction concrète de l’annonce présidentielle dépendra donc des arbitrages budgétaires et législatifs à venir.
Trump estime qu’Israël peut désormais financer sa défense
Pour justifier cette évolution, le président américain a insisté sur la situation économique d’Israël. Il estime que le pays n’a plus besoin d’un soutien financier annuel de cette ampleur et qu’il peut désormais acheter directement les équipements militaires dont il a besoin.
Trump a également expliqué que cette aide était devenue un sujet de débat politique aux États-Unis. Son annonce est intervenue le jour même des élections de mi-mandat, alors que le soutien américain à Israël fait l’objet de discussions croissantes au sein du paysage politique américain.
Le président a néanmoins maintenu le principe d’une coopération stratégique étroite avec l’État hébreu. La fin annoncée de l’aide directe ne signifierait donc pas la disparition des relations militaires entre les deux pays.
Une annonce dans un contexte politique sensible
Cette déclaration intervient également alors qu’Israël traverse une période d’incertitude politique après ses élections législatives.
Le bloc de Benjamin Netanyahu a obtenu davantage de sièges que celui de son principal rival, Gadi Eisenkot, sans toutefois atteindre la majorité absolue nécessaire pour gouverner seul. Les consultations pour la formation d’une coalition sont toujours en cours.
Dans ce contexte, l’annonce américaine ajoute un nouveau sujet au débat intérieur israélien. Plusieurs responsables de l’opposition ont déjà interrogé les conditions dans lesquelles cette évolution de la relation avec Washington a été négociée.
Vers un nouveau modèle de coopération ?
La fin éventuelle des versements annuels ne mettrait pas nécessairement un terme au partenariat militaire entre les deux pays. Washington pourrait privilégier à l’avenir les ventes d’armes, les programmes conjoints de défense ou la coopération technologique.
Une partie importante de l’aide actuelle sert d’ailleurs à financer l’achat d’équipements produits aux États-Unis. Sa suppression pourrait donc également avoir des conséquences sur les industriels américains de la défense.
La portée réelle de l’annonce dépendra désormais de sa traduction juridique et budgétaire. Mais en proposant de mettre fin dès 2026 à un mécanisme qui devait courir jusqu’en 2028, Donald Trump ouvre déjà une nouvelle séquence dans les relations financières et militaires entre Washington et Israël.


